JOUR 2 // EN-QUÊTE D’INVISIBLES

Jérémy propose de mener les recherches sous forme d’enquêtes.

« Rendre présent un invisible qui vous intéresse »

 

Qu’est-ce qu’on entend par « enquête » :

– il n’y a ici aucune technicité requise

– le modèle d’enquête peut varier d’une personne à l’autre, enquête littéraire, anthropologique etc…

– principe d’immersion : il s’agit de documenter le milieu

– l’enquête doit mettre en mouvement quelque chose

Il s’agira pour chacun de construire ses propres outils d’enquête.

On fait le pari qu’on peut se rencontrer à travers les gestes d’enquête, sur les thématiques et /ou sur les sources d’enquête.

Chacun expose le protocole d’enquête auquel il a pensé.

Exploration collective du terrain : Bouxwiller et ses environs.

Mener l’enquête durant cette promenade qui passe par le Badsberg, la forêt aux sorcières, le grand tilleul de Goethe.

Enquêter pour tenter de décoder/ traduire/extraire des invisibles/ des invisibilisés/ des disparus.

Émettre des hypothèses et/ou fantasmer.

RENDRE COMPTE DE L’ENQUÊTE

1/ EXERCICE DE XENOGLOSSIE proposée par Jérémy Damian

Xenoglossie : Phénomène au cours duquel un sujet se montre capable, dans un état modifié de conscience, de parler une langue étrangère véritable qu’il ne connaît pas à l’état conscient.

À partir de l’exploration de la veille on tentera de « prêter sa langue à un autre que soi » pour décoder/traduire/extraire une parole et une manifestation venue de son expérience.

PROTOCOLE :

Par groupe de trois : un émetteur, un canal, un témoin.

C’est un jeu.

Émetteur : personne au sol : « être présent au moment »

Canal : la personne rentre en contact physique avec l’émetteur, toucher tout en parlant. Capter des informations par le toucher. Se laisser traverser, nommer la mémoire, nommer les sensations de l’autre. Émettre un flux de parole (pas de « tu »).

Témoin : se faire scribe, traceur de l’expérience. Choisir un médium dessin, sculpture, transcription écrite…

12 min chacun dans chaque rôle

Puis les groupes se présentent les transcriptions.

On les affiche aux murs de la salle.

 

2/ COMPOSITION COLLECTIVE proposée par Benoît Verjat

La veille Benoît a collecté des objets durant l’exploration des environs de Bouxwiller qu’il nous présente dans une caisse.

Chacun est invité à ajouter des objets issus de ses propres enquêtes.

Nous allons collectivement créer une composition au sol à partir de ces objets.

DÉMARCHE / MISE EN OEUVRE :

Prendre le temps d’observer, « sentir » les objets.

Chacun choisi ceux qui lui font écho.

Ce qui nous intéresse ce sont les liens entre, entre deux objets.

Ne pas chercher le sens, la symétrie, la forme à priori : travailler par intuition, sensibilité autre.

La composition collective se déroule en silence.

On n’a le droit de n’infliger que des altérations réversibles.

Noter ce qui nous affecte, des évènements.

RETOURS :

Il aurait fallu avoir un fond, un cadre : la contrainte est plus féconde.

On raconte des histoires différentes tous ensemble.

Les logiques à l’oeuvre ont l’air hyper précises et en même temps sont incompréhensibles.

Il y avait une concentration extrême.

Les « compositeurs » cherchaient l’assentiment des autres.

Certaines choses n’ont pas bougés comme s’il y avait des évidences de placement.

La gestuelle et la composition des « compositeurs » , les constellations crées, sont aussi intéressantes que la composition, c’est une chorégraphie du rapport entre animés (compositeurs) et inanimés (objets).

C’est comme une métaphore et une analogie du labo lui-même : c’est comme lire dans le marc de café. On partage du sens en commun, les liens invisibles entre les choses.

L’agencement nous révèle ce qu’ont fait ensemble.

Le dispositif nous rend attentifs aux surgissements.

Pour l’anthropologie la définition du rituel est très difficile mais la constante c’est l’opacité : c’est ce qui rend le rituel actif.

D’où vient l’émotion ? D’une empathie avec les objets ? D’une émotion esthétique ? De la relation qui se noue entre les participants durant la « performance » ?